L’Autorité des marchés financiers (AMF) a officiellement accordé, le lundi 26 octobre, une dérogation à l’État concernant l’obligation de déposer une offre publique d’achat (OPA) sur le capital du groupe minier et métallurgique Eramet. Cette décision stratégique intervient alors que l’Agence des participations de l’État (APE) s’apprête à augmenter significativement sa participation dans le cadre d’un plan de recapitalisation d’envergure de 500 millions d’euros, prévu avant la clôture de l’année.
Le franchissement du seuil de 30 % du capital ou des droits de vote impose en règle générale le dépôt d’une offre publique. Toutefois, le régulateur a invoqué la « situation avérée de difficulté financière » du groupe pour justifier cette exception. Sans cette injection de capitaux frais, Eramet ferait face à des obstacles majeurs pour refinancer sa dette, mettant ainsi en péril la continuité de ses opérations industrielles.
Un montage financier sous contrôle étatique
Le plan de sauvetage repose sur une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription. L’État, agissant via FSI-Equation, s’est engagé à souscrire à hauteur de ses 27,1 % actuels. Pour éviter de dépasser le plafond de 49 % des droits de vote effectifs, le montage prévoit également le rachat de droits préférentiels auprès de la holding familiale Sorame-CEIR, avec une décote de 5 % sur leur valeur théorique.
La holding de la famille Duval, actionnaire historique depuis 1999, verra sa part diluée tout en conservant son rôle de second actionnaire. Des options d’achat et de vente croisées ont été établies pour encadrer la montée en puissance de l’APE, tout en garantissant que l’État ne dépasse pas la barre symbolique des 50 % du capital total.
Souveraineté industrielle et métaux critiques
La direction d’Eramet, portée par sa PDG Christel Bories, qualifie cette opération d’indispensable pour stabiliser la structure financière du groupe. De son côté, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, souligne que cette recapitalisation illustre la volonté du gouvernement de renforcer l’indépendance de la France dans la filière stratégique des minerais et métaux critiques, essentiels à la transition énergétique.
Le conseil d’administration a validé ce montage à l’unanimité, les administrateurs représentant les actionnaires de référence s’étant abstenus. En contrepartie de cet effort financier, Eramet s’est engagé à ne verser aucun dividende tant que son levier financier ajusté ne repassera pas sous le seuil d’un ratio de 1x.
Contexte de marché et défis opérationnels
Les marchés financiers ont réagi avec prudence à ces annonces. L’action Eramet a subi une pression baissière notable, les investisseurs anticipant les effets de la dilution induite par l’opération. Cette volatilité s’inscrit dans un contexte sectoriel difficile, marqué par le recul des cours du nickel et du manganèse l’an dernier, bien que le groupe ait entamé une diversification vers la production de lithium depuis la fin de l’année 2024.
Le groupe a essuyé une perte nette de 477 millions d’euros en 2025, illustrant la fragilité de son modèle face aux fluctuations des matières premières. La prochaine publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, prévue le 29 octobre, sera scrutée par les analystes pour évaluer la capacité de l’entreprise à maintenir ses objectifs opérationnels avant l’exécution finale du plan de recapitalisation.
Questions fréquentes sur la recapitalisation d’Eramet
Pourquoi l’AMF a-t-elle accordé une dérogation à l’État ?
L’AMF a accordé cette dérogation en raison de la situation financière fragile d’Eramet. Le régulateur considère que l’augmentation de capital est indispensable pour éviter une crise de liquidité et assurer la continuité de l’exploitation, justifiant ainsi de ne pas imposer une OPA coûteuse à l’État.
Quel est le montant total de l’augmentation de capital ?
L’opération de recapitalisation s’élève à 500 millions d’euros. Ce montant doit permettre au groupe de refinancer sa dette et de soutenir ses projets industriels, notamment dans l’extraction de métaux critiques nécessaires à la souveraineté économique française.
Quel sera le poids de l’État dans le capital après l’opération ?
L’APE (Agence des participations de l’État) maintiendra une position de contrôle renforcé sans dépasser 50 % du capital. Le montage inclut des mécanismes complexes pour limiter les droits de vote de l’État à 49 %, assurant ainsi un équilibre avec les autres actionnaires de référence.
Com informations de Portal de Notícias.
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