Le constructeur français de supercalculateurs Bull a signé le mercredi 21 octobre 2026 un protocole d’accord stratégique avec l’opérateur tchèque d’infrastructures numériques České Radiokomunikace (ČRA). Cette alliance industrielle majeure vise à porter la candidature de la République tchèque à l’appel d’offres européen des « Gigafactories IA », une initiative pilotée par l’entreprise commune EuroHPC.
L’accord a été officialisé à Paris dans le cadre de la signature d’un pacte bilatéral de coopération stratégique entre Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et Karel Havlíček, ministre de l’Industrie et de l’Énergie de la République tchèque. Les deux gouvernements saluent cette première concrétisation industrielle, qui renforce l’autonomie stratégique européenne.
Un consortium paneuropéen pour l’intelligence artificielle souveraine
L’opérateur ČRA exploite actuellement huit centres de données et un réseau national de fibre optique en République tchèque. Porteur du projet baptisé « AIGF CZ », l’opérateur fournit déjà d’importantes capacités de calcul graphique pour répondre aux besoins croissants des entreprises locales et régionales.
La future gigafactory tchèque ambitionne de desservir l’ensemble des neuf pays signataires de la Déclaration de Prague. Ce réseau de coopération regroupe la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Croatie, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Slovénie et la Roumanie, créant ainsi un marché unifié pour les technologies d’intelligence artificielle en Europe centrale et orientale.
L’expertise technologique et industrielle de Bull
Dans le cadre de ce partenariat stratégique, Bull apporte l’expertise de ses équipes de DataSentics, sa filiale d’ingénierie spécialisée en intelligence artificielle qui emploie plus de 200 ingénieurs répartis entre Prague et Brno. Le groupe français met également en avant sa plateforme logicielle open source BullSequana AI ainsi que ses technologies avancées de refroidissement liquide direct.
Sur le plan de la production matérielle, le projet s’appuie sur une chaîne d’approvisionnement répartie entre la France et la République tchèque, réalisée en partenariat avec Foxconn. Cette synergie industrielle permettra d’assembler les serveurs de calcul directement dans les deux pays, avec l’ambition d’intégrer des processeurs européens dès qu’ils seront commercialement disponibles.
Le contexte institutionnel et les ambitions de Bruxelles
L’accord intergouvernemental franco-tchèque fixe quatre axes prioritaires, parmi lesquels figurent le soutien aux technologies souveraines et la coordination des efforts en vue du programme européen. La Commission européenne a lancé le 30 juillet un appel à projets pour implanter sept gigafactories d’IA sur le continent, avec un objectif opérationnel fixé à la mi-2028.
Cette dynamique intervient alors que Bull, racheté par l’État français en avril dernier via l’Agence des participations de l’État, poursuit son expansion industrielle. Le groupe a notamment inauguré début octobre un nouveau site de production de plus de 10 000 m² à Angers, doublant ainsi ses capacités d’assemblage à grande échelle pour répondre aux commandes européennes de supercalculateurs.
Comptant environ 720 millions d’euros de chiffre d’affaires et s’appuyant sur 3 000 experts à travers le monde, Bull entend s’imposer comme un fournisseur incontournable des infrastructures souveraines. Reste désormais à convaincre Bruxelles face aux nombreux autres dossiers présentés par les États membres au sein de l’Union européenne.
Questions fréquentes sur la gigafactory d’IA tchèque et Bull
Quel est l’objectif du partenariat entre Bull et ČRA ?
Le partenariat entre Bull et l’opérateur ČRA vise à porter la candidature de la République tchèque au programme européen des « Gigafactories IA » pour proposer une offre souveraine en Europe centrale et orientale.
Quels pays participent au projet AIGF CZ ?
Le projet AIGF CZ soutient les entreprises des neuf pays signataires de la Déclaration de Prague, incluant la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Croatie, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Slovénie et la Roumanie.
Quand la Commission européenne prévoit-elle d’activer ces infrastructures ?
La Commission européenne a lancé un appel pour sept gigafactories d’IA avec pour objectif d’obtenir des infrastructures souveraines pleinement opérationnelles d’ici la mi-2028.
Com informations de Portal de Notícias.
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