La Force d’action navale a déployé pour la première fois un détachement de lutte sous-marine équipé de quatre planeurs sous-marins de la société française Alseamar lors de l’exercice Repmus 26 de l’OTAN, sur la base de Troia, au Portugal. Cette opération, annoncée par la Marine nationale, confirme l’intégration de ces technologies de pointe dans les stratégies navales alliées et démontre leur pleine interopérabilité.
Le détachement français réunissait des spécialistes de la frégate multi-missions Bretagne et des pilotes de gliders du CENTEX FAN. Pendant près de deux semaines, l’équipe a enchaîné 17 exercices opérationnels, suivis de 48 heures d’activités entièrement dronisées, face à des vecteurs capables de simuler des menaces sous-marines avec un haut niveau de réalisme.
L’exercice Repmus 26 et les ambitions des drones sous-marins
L’édition 2026 de l’exercice Repmus a rassemblé plus de 3 700 participants issus de 36 nations maritimes, mettant à l’épreuve environ 300 drones aériens, de surface et sous-marins. Pour la Marine nationale, l’objectif principal de cette participation était d’évaluer la maturité technologique des planeurs Alseamar pour ouvrir de nouvelles perspectives dans les opérations anti-sous-marines (ASM).
En appliquant le standard interallié STANAG 4817, les quatre gliders français ont prouvé leur capacité à s’insérer au sein d’un barrage anti-sous-marin interallié. Ils ont opéré aux côtés d’autres véhicules sous-marins autonomes (UUV), de drones de surface dotés de sonars et de vecteurs aériens spécialisés, tout en transmettant des flux tactiques vers la Common Operational Picture de l’Alliance.
Caractéristiques et fonctionnement des gliders SeaExplorer
D’un poids d’environ soixantaine de kilos et dotés d’une autonomie avoisinant quatre semaines en activité, les planeurs SeaExplorer se distinguent par l’absence de système de propulsion motorisé conventionnel. Ils modifient leur immersion grâce à un mécanisme hydraulique qui ajuste leur flottabilité, planant en dents de scie entre la surface et 1 000 mètres de profondeur.
Cette conception permet aux engins d’évoluer à grande distance du bâtiment porteur afin de constituer un réseau de capteurs déportés. Équipés de la charge utile acoustique AURIS développée par Alseamar, ces équipements intègrent des capacités de surveillance avancées pour cartographier et sécuriser les zones maritimes.
Vers une montée en puissance de la guerre anti-sous-marine
L’efficacité opérationnelle de ces équipements a déjà été validée lors d’entraînements précédents, où un glider déployé conjointement avec un porte-avions a permis de repérer un bâtiment adverse, déclenchant l’intervention rapide d’une patrouille aérienne de Rafale. Ce retour d’expérience illustre la pertinence de l’intégration des drones dans les forces de combat navales.
Le ministère des Armées poursuit ainsi sa feuille de route en matière de robotisation de la flotte, dont les prochaines échéances de commandes de drones sont fixées à mi-2027. Bien que la Marine nationale demeure prudente sur le calendrier de généralisation, ces technologies préfigurent une évolution durable des capacités de détection avancée sur toutes les mers du globe.
Questions fréquentes sur les planeurs sous-marins de la Marine nationale
Qu’est-ce qu’un planeur sous-marin ou glider ?
Un planeur sous-marin est un drone non propulsé d’une soixantaine de kilos qui se déplace en modifiant sa flottabilité par un système hydraulique, lui permettant de planer entre la surface et 1 000 mètres de profondeur sur des périodes de plusieurs semaines.
Quel est l’objectif de la Marine nationale avec ces équipements ?
La Marine nationale vise à évaluer la maturité technologique des gliders Alseamar pour ouvrir un nouveau domaine d’opérations anti-sous-marines et renforcer l’interopérabilité au sein des exercices de l’OTAN comme Repmus 26.
Comment les planeurs communiquent-ils avec les forces alliées ?
Les planeurs appliquent le standard allié STANAG 4817, ce qui leur permet de s’intégrer dans un barrage anti-sous-marin interallié et de transmettre des données tactiques vers la situation opérationnelle commune de l’OTAN.
Com informações de Portal de Notícias
